Le carthame, une belle oubliée de nos armoires à tisanes
Si vous êtes déjà familiers avec les vertus de l’orthosiphon, vous savez combien une plante peut parfois faire toute la différence dans une approche globale de la santé. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une cousine discrète mais pleine de ressources : le carthame, aussi appelé « faux safran » ou « safran bâtard ». Moins célèbre que la camomille ou le ginkgo, le carthame gagne pourtant à être connu, notamment pour ses bienfaits sur la peau et la circulation sanguine.
Curieux d’en apprendre plus ? Installez-vous confortablement, une tasse de tisane à la main (orthosiphon pour moi, évidemment), et découvrons ensemble ce que cette jolie fleur a à offrir.
Petit portrait botanique du carthame
Le carthame des teinturiers (Carthamus tinctorius) est une plante herbacée de la famille des astéracées, originaire d’Asie occidentale et connue depuis l’Antiquité. Avec ses grandes fleurs jaunes, orangées ou rouge vif, elle était autrefois cultivée… pour teindre les tissus ! D’où son nom. Mais petit à petit, les propriétés médicinales de ses graines et de ses pétales ont été mises au jour.
On utilise principalement deux parties du carthame :
- les pétales pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes,
- les graines, riches en huile, prisées pour leurs acides gras essentiels, notamment l’acide linoléique (omega-6).
Cela vous rappelle l’huile d’onagre ou de bourrache ? C’est normal, leurs usages en cosmétique et en diététique sont assez proches… avec, vous allez le voir, quelques surprises supplémentaires.
Un allié de taille pour une peau radieuse
La peau, justement. Parlons-en. Entre les agressions extérieures (pollution, UV, froid) et notre rythme de vie parfois éreintant, elle trinque – moi le premier, surtout en hiver. C’est là que l’huile de carthame entre en scène.
Extraite par pression à froid des graines, elle possède une teneur remarquable en vitamine E (un puissant antioxydant) et en acide linoléique, qui aide à :
- nourrir la peau en profondeur,
- renforcer sa barrière lipidique,
- apaiser les irritations et rougeurs,
- stimuler la régénération cellulaire.
Autrement dit, elle est parfaite pour les peaux sèches, sensibles ou sujettes à l’eczéma. Personnellement, en période de grand froid, je glisse quelques gouttes d’huile de carthame dans ma crème de nuit. Résultat ? Un teint plus frais au réveil, sans tiraillements. Un petit rituel simple et efficace.
Et pour ceux qui préfèrent les remèdes internes, sachez que la prise d’huile de carthame peut aussi aider à améliorer la qualité de la peau de l’intérieur, notamment en régulant l’excès de sébum et en atténuant certaines formes d’acné hormonale. Là encore, me direz-vous, ça ressemble à l’onagre ou la bourrache. Mais le carthame a cette légèreté, cette facilité d’assimilation qui le rend souvent plus digeste.
Carthame et circulation : un duo étonnant
Moins connu, mais tout aussi intéressant : le carthame est également reconnu pour ses bienfaits sur la circulation sanguine. Dans la médecine traditionnelle chinoise, il est utilisé pour favoriser la microcirculation et éviter les stases sanguines – une notion qui pourrait se rapprocher, en langage plus occidental, d’une mauvaise circulation, avec ses cortèges de jambes lourdes, varicosités ou hématomes persistants.
Comment cela fonctionne-t-il ? Le carthame agit à plusieurs niveaux :
- il fluidifie le sang, grâce à ses composés naturels comme les flavonoïdes,
- il aide à prévenir la formation de caillots (effets anti-thrombotiques modérés),
- il tonifie les parois vasculaires,
- il améliore l’irrigation des tissus.
Autrement dit, il ne remplace pas un traitement médical chez les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires, mais peut soutenir la circulation au quotidien, en particulier chez les personnes sédentaires ou sujettes aux jambes lourdes, comme moi, après de longues heures passées à écrire… 😉
Une action qui dépasse le cadre cosmétique
Au fil de mes recherches (et de mes expérimentations), j’ai également pu constater que certains effets du carthame dépassaient largement le cadre de la beauté ou de la circulation. Par exemple, plusieurs études ont mis en évidence :
- une modulation du cholestérol sanguin (notamment une baisse du LDL),
- un soutien potentiel dans la gestion de la glycémie,
- un effet légèrement anti-inflammatoire sur les articulations.
Alors, doit-on en faire une nouvelle panacée végétale ? Certainement pas. Mais en intégrant les graines dans l’alimentation (par exemple, en les broyant légèrement et en saupoudrant une petite cuillère sur vos salades ou vos céréales), ou en utilisant l’huile de carthame dans vos vinaigrettes maison, vous ajoutez un petit quelque chose qui, mine de rien, fait la différence à long terme.
Comment utiliser le carthame au quotidien ?
Le carthame, comme l’orthosiphon, peut s’utiliser de différentes manières selon l’objectif recherché. Voici quelques pistes testées et approuvées :
Usage interne :
- Huile de carthame bio : à raison d’une cuillère à soupe par jour, sur les salades ou légumes vapeur. Attention, ne pas chauffer, cela dégraderait ses oméga-6.
- Gélules : pratiques, surtout si vous avez du mal avec la texture des huiles alimentaires.
- Tisane de pétales séchés : peu connue, pourtant agréable. Elle a un goût doux légèrement amer, proche du safran. Laissez infuser 1 c. à café dans 250 ml d’eau chaude pendant 5 à 7 minutes.
Usage externe :
- En sérum capillaire pour les cheveux secs ou bouclés (quelques gouttes sur les pointes suffisent).
- En soin du visage pour les peaux déshydratées ou tiraillées.
- En massage localisé pour soulager les jambes lourdes (diluée avec une huile de support comme l’huile d’amande douce).
Petit conseil « maison » : vous pouvez ajouter quelques gouttes d’huile essentielle de cyprès à votre huile de carthame pour un effet tonique sur la circulation. À utiliser uniquement si vous n’avez pas de contre-indications, bien sûr.
Précautions et contre-indications
Comme toujours en phytothérapie, ce n’est pas parce qu’une plante est naturelle qu’elle est dénuée de risques. Le carthame, en particulier sous forme d’huile ou de graines prises en grande quantité, peut :
- fluidifier le sang (attention si vous prenez des anticoagulants),
- provoquer des réactions allergiques (notamment chez les personnes sensibles aux astéracées),
- en usage externe, légèrement sensibiliser les peaux très réactives (faites un test préalable).
Chez la femme enceinte ou allaitante, l’utilisation du carthame est à discuter avec un professionnel de santé.
Carthame et orthosiphon : une synergie à envisager ?
Je ne pouvais pas terminer cet article sans faire un clin d’œil à mon cher orthosiphon. À première vue, le lien avec le carthame semble ténu. Et pourtant ! Tandis que l’orthosiphon agit principalement en soutenant les fonctions rénales et l’élimination, le carthame vient compléter cette action en aidant la circulation périphérique et la beauté de la peau.
J’ai déjà conseillé à plusieurs amis (dont une certaine Martine, si tu me lis, merci pour ton retour enthousiaste 😊) d’alterner infusion d’orthosiphon le matin et tisane de carthame le soir. L’effet ressenti sur les jambes lourdes et sur l’éclat du teint a été plus qu’intéressant.
Comme quoi, en phytothérapie, tout est question d’équilibre… et de persévérance !
Une belle redécouverte pour notre santé au naturel
Le carthame n’est peut-être pas la star des rayons de phytothérapie, mais il possède cette élégance discrète qui nous rappelle que la nature a plus d’un tour dans son sac. Sans révolutionner notre quotidien, il peut venir soutenir nos efforts pour une peau plus saine, une circulation plus fluide et un corps globalement mieux équilibré.
Et puis, entre nous, il y a quelque chose de profondément apaisant à redonner une place à ces plantes un peu oubliées, non ? C’est un peu comme redécouvrir une vieille recette de grand-mère, pleine de bon sens. Et le carthame, comme l’orthosiphon, est de ces plantes qui méritent qu’on leur prête une oreille attentive.
Alors, la prochaine fois que vous parcourez une herboristerie ou que vous fouillez les rayons bien-être, pensez au carthame… et pourquoi pas, faites-en le sujet d’une tisane du soir.

